Hattemer : une pédagogie novatrice avant l’heure

La méthode Hattemer est née à la fin du XIXème siècle, fruit de l’expérience de Rose Hattemer, préceptrice dans plusieurs familles parisiennes. Le bouche-à-oreille est tel que l’institutrice décide d’enseigner chez elle à des groupes d’enfants et développe une pédagogie novatrice à la fois personnalisée et très exigeante intellectuellement, dont le succès ne s’est jamais démenti. Le Cours Hattemer, qui accueille les enfants de la maternelle à la terminale, s’appuie sur cette méthode unique, dont les fondements pédagogiques se trouvent aujourd’hui largement confortés par les études récentes en sciences de l’éducation.

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Une pédagogie personnalisée

Le credo de Rose Hattemer, « un programme pour chaque enfant », est plus que jamais d’actualité, même s’il reste bien souvent difficile à appliquer au sein de classes surchargées. Les écoles Hattemer ne regroupent que 12 à 20 élèves par classe. Ces effectifs réduits permettent un suivi régulier et individualisé de chaque élève.

Les études de Thomas Piketty, Mathieu Valdenaire (2004, 2006, 2011)[1] ont démontré que les élèves évoluant dans des petites classes obtiennent de meilleurs résultats que la moyenne. L’interaction entre élèves est plus aisée ainsi que celle entre enseignants et élèves.

Mais le plus important est surtout de dispenser à chaque élève un suivi personnalisé et des cours adaptés, tenant compte de ses aptitudes. L’équipe pédagogique d’Hattemer encourage chaque enfant à exploiter ses capacités, notamment grâce à des études dirigées et des stages intensifs. Le sens du travail et l’effort sont toujours valorisés, afin de développer l’envie d’apprendre et de progresser.

Un apprentissage par essai-erreur

Steeve Masson, chercheur au Centre pour les Sciences de l’apprentissage et professeur à l’Université du Québec à Montréal, compare le cerveau à une forêt. Lorsque l’on marche un nombre suffisant de fois dans le même sentier, un chemin se dessine. Ces sentiers (connexions neuronales) gagnent progressivement en efficacité, ce qui entraîne l’acquisition d’automatismes liés à une certaine tâche et donc la faculté de résoudre certains problèmes. En revanche, si les sentiers ne sont plus utilisés ou pas suffisamment, la végétation regagne du terrain, les réseaux de neurones non utilisés finissent par se déconnecter progressivement. D’où l’importance de la mise en pratique progressive mais régulière et fréquente des notions apprises. On parle d’apprentissage par essai-erreur : il s’agit de mettre le cerveau en situation de test, afin de l’exercer en mobilisant activement ses compétences.

Grâce à la grande diversité des exercices proposés et à la pratique hebdomadaire de contrôle d’acquisition des connaissances, avec des devoirs écrits mais aussi une restitution orale lors du traditionnel Grand Cours, la pédagogie Hattemer stimule et nourrit l’intelligence de chaque élève.

Une méthode structurée, guidée par l’enseignant

Chez Hattemer, les élèves bénéficient d’une pédagogie progressive, avec des fondamentaux enseignés de manière plus précoce et plus approfondie que les attendus de l’Education Nationale. Chaque notion est abordée en détail, puis appliquée et revue jusqu’à une maîtrise parfaite. En primaire, les exigences sont très fortes vis-à-vis de la lecture, de l’écriture et de la pratique des mathématiques.

L’apprentissage des mathématiques chez Hattemer se rapproche de la Méthode de Singapour. Celle-ci repose sur la pédagogie explicite : l’enseignant explique clairement chaque concept, puis propose une grande diversité de mise en application, via des exercices allant toujours du plus simple au plus complexe et du plus concret au plus abstrait. 

Par exemple les notions mathématiques comme les opérations sont abordées via la manipulation d’objets et via des exercices utilisant un boulier, avant de passer à l’étape abstraite utilisant des chiffres et des symboles.

Concernant l’acquisition de la lecture, elle est enseignée de manière syllabique avec un enseignement explicite des correspondances entre lettres et sons. La lecture à haute voix est pratiquée chaque jour, ainsi que la dictée, afin de développer des automatismes.

L’anglais n’est pas oublié : il est présent dès la maternelle, en particulier dans le cadre de la filière bilingue. L’ouverture au monde et la culture générale font partie intégrante de la pédagogie Hattemer.

À tous les niveaux, Hattemer propose un environnement scolaire très stimulant intellectuellement. Au collège, puis au lycée, les principes de base restent les mêmes : excellence des savoirs fondamentaux, suivi rigoureux de chaque élève et ouverture vers l’international. Des recettes ayant fait leurs preuves depuis des décennies et aujourd’hui validées par les scientifiques. Une pédagogie novatrice pour l’époque et toujours d’actualité pour des fondamentaux solides.


[1] , «  L’impact de la taille des classes sur la réussite scolaire dans les écoles, collèges et lycées français. Estimations à partir du panel primaire 1997 et du panel secondaire 1995  », Les Dossiers – Enseignement scolaire, n° 173, 2006 MEN-DEP ; Mathieu Valdenaire, Essais en économie de l’éducation, thèse de doctorat, École des hautes études en sciences sociales, 2011.